Mé 67 SOLITUDE De la veillée...Mé 67 Voilà près de 38 ans que le gouvernement Français a assassiné plus d’une centaine de Guadeloupéens dans les rues de Pointe – à – Pitre au cours des journées des 26 et 27 mai 1967. Il s’agissait à l’origine d’une grève des ouvriers du bâtiment. Dès le mois de mars 1967 de nombreux groupes de salariés de ce secteur faisaient entendre leurs revendications : un meilleur salaire ainsi que des conditions de travail descentes… Le patronat laissait traîner en longueur la demande des directions syndicales , aussi de nombreux jeunes travailleurs se portèrent eux – mêmes sur les chantiers afin d’exprimer leur détermination. Le vendredi 26 mai devaient avoir lieu des négociations à la Chambre de Commerce (actuel Office du Tourisme à PàP). Les débrayages se multiplièrent le matin dans la périphérie de la ville et notamment à Jarry en construction. Tous les groupes de salariés ainsi mobilisés convergèrent vers le lieu où devaient se tenir les négociations. Les pourparlers se tiennent jusque vers 13 heures , car à la mi – journée des délégués annoncent que le patron des patrons , BRIZARD, a décidé de rompre les négociations et il aurait dit : « Lorsque les Nègres auront faim , ils reprendront le travail ! » C’est la colère , chez tous les travailleurs massés devant l’édifice patronal. Des CRS encerclent le pâté de maisons tandis que d’autres prennent position devant les locaux de la Sous – Préfecture. Des policiers de la ville également présents sur les lieux sont retirés du quartier. Assez rapidement des échauffourées opposent les travailleurs qui occupent la rue Léonard et les forces de répression qui s’avancent jusque vers les abords de la Darse. Jack NESTOR, militant du GONG est le premier Guadeloupéen visé délibérément et tué en cette après – midi du vendredi 26 mai 1967. Plusieurs dizaines d’autres Guadeloupéens inconnus des services spéciaux seront assassinés au cours des manifestations qui suivront. De nombreux jeunes , des travailleurs , des militants de diverses tendances anti – colonialistes seront arrêtés et emprisonnés à Pointe – à – Pitre , à Basse – Terre ou à Paris. Trois procès eurent lieu dont deux en Guadeloupe et un autre à France sans que les responsabilités de la tuerie soient clairement reconnues par les services de l’Etat. L’accusation a laissé entendre , sans jamais apporter la preuve de ses dires , que des militants Guadeloupéens du GONG avaient organisé la prise du pouvoir avec l’aide d’une puissance étrangère. Guadeloupéens, « Fò Nou Mandé Kont ! » * Réclamons l’ouverture de tous les dossiers de ces événements par lesquels l’Etat Français a tué en Guadeloupe. Réclamons JUSTICE !!!!!!! POUW FE NONM, FOW VLE NONM… POUW FE NONM, FOW VLE NONM… Auteur : MOUVMAN NONM, Gwadloup, oktob 2005
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