Mé 67 "Black" - out SOLITUDE(...) …et le Panthéon Le Panthéon est à l'origine un temple que les Grecs et Romains consacraient à tous leurs dieux (du grec pan, tout, et theos, dieux) ; tradition héritée des Egyptiens. Aujourd'hui, le mot figure l'ensemble des personnes qui se sont illustrés dans un domaine. Mais c'est surtout un monument où sont déposés les corps des hommes illustres d'une nation. A Paris, c'est un monument qui participe aux fondations de l'identité nationale française. Son histoire est jonchée de revirements architecturaux et de changements de vocation symbolique. Le site web officiel de cet édifice explique très bien les différents bouleversements qu'il a eu à traverser (
http://www.monum.fr/m_pantheon/fs_index.dml?lang=fr). Ce site m’informe que « depuis la Vème République, le décret qui autorise le transfert d'un corps au Panthéon doit être signé par le chef de l'Etat, à la demande d'un comité de personnalités ou des descendants d'un grand personnage qui doit avoir défendu, par ses actions, des valeurs républicaines ou avoir participé au progrès de l'humanité. » La « Patrie » peut toutefois honorer ses fils (et filles) en inscrivant leurs noms sur les murs du « temple républicain ». Donc, de toute l’évolution de ce monument, il demeure une constante : c’est la volonté de la « Nation Française » de marquer le monde et les esprits de son empreinte culturelle et cultuelle. Ce que je ressens La Nation Française et la pensée occidentale triomphante !? Même sous couvert de laïcité, l'homme occidental recherche la même chose que tous : l'accès au sens le plus impénétrable de l'univers qu'est le temps, ainsi que son abolition. Dans toutes les cultures, les êtres humains ont donné des réponses à ce désir, devenu besoin. Le 27 mai 1998, dans un discours donné au Fort Delgrès à Basse – Terre en Guadeloupe, Catherine Trautman, ministre de la Culture et de la Communication du gouvernement français d’alors, dit : « L'identité guadeloupéenne ne s'est pas forgée dans la soumission de l'esclave à l'esclavage, mais au contraire par la résistance à tout asservissement du corps et de l'âme. » Cette pensée et très belle phrase que je ne peux que partager, ne saurait camoufler, cependant, les actes pernicieux et fourbes permanents de l’Etat Français consistant à étouffer voire désintégrer les identités, par des « trésors » de simulacres cérémonielles. L’ « être » n’existe plus, en faveur de la « Nation Française », puisque celle – ci assimile à sa cause soit – disant universelle, de manière systématique et unilatérale, toutes les émanations idéologiques de ses « anciennes » colonies. Pire, certains courent et plongent même là – dedans, quitte à diluer le plus que possible les différences comme pour ériger l’unité diffuse (sorte de pate culturelle homogène) en solution... aux inventions telles que le racisme. Des mots – clés apparaissent : identité, nation, patrie. Ainsi, donc, il existerait des identités et des nations qui puissent se revendiquer !? Surprenant, mais non moins compréhensible, au milieu du grand concert international – humaniste – universaliste – mondialiste. Il est des identités et cultures qui affirment au monde leur singularité et leur vitalité ? Ah bon ? Mais par quels moyens ? Par quel prodige est – ce possible ? Des esprits « éclaireurs » ont déjà fait, longtemps avant moi et de « brillantes » manières, la leçon du pourquoi et du comment de ces questions. J’éviterais une re – dite sur l’histoire des vainqueurs et celle des vaincus. L’être Caribéen émergeant ! Au milieu de mes déambulations intellectuelles, et en pleine lecture, sur le premier ouvrage resté sur mes genoux, je vois en bas de page un proverbe qui me dit : « Je n'ai pas besoin des mains d'autrui pour couvrir mon visage. » Mais,... oui ! J'ai mieux et je l'ai depuis avant même de savoir me mettre debout. À ce moment là, je commence réellement à me ressaisir. Je re - vois, j'entends, je sens puis ressens à nouveau le courant passionnel qui m'anime depuis le début, depuis toujours et qui a subi le contrecoup d'un communiqué radiophonique. Les rencontres, les légendes, les sons et les contes de mon existence me rappellent que tout comme Delgrès, Ignace, Massoteau et la multitude de nos guerriers inconnus, Solitude est morte en combattant, à mort, pour la Vie, comme il se doit. En tant que Guadeloupéen des Caraïbes et Caribéen de Guadeloupe, je peux me réconforter dans des sensations partagées par tant d'autres que moi. Car à travers les pires moments de désarrois, nous cherchons et retrouvons l'écho de la voix de nos ancêtres – héros éternels. Pour ma part, lorsque cela m'arrive, j'emprunte cette voie, je la poursuis, je l'attrape et en cueille un brin afin de m'en abreuver par une décoction de ce courage aussi "extra" que peu ordinaire dont ils ont fait preuve, et inégalé jusqu'à aujourd'hui dans mon pays. Je tâche de les en remercier du mieux que je peux par mon attitude, en tout temps et lieux. Non, Solitude n'est pas un potomitan, ce fameux et sempiternel symbole auquel est attachée l'image de la femme caribéenne. Elle est maintes fois plus parce que de son vivant et jusqu'au delà de sa mort, elle s'enracine, à travers ses descendants, tel un arbre merveilleux dans nos forêts de légendes. Des lianes de celles - ci, nous fabriquons et faisons vibrer notre corde sensible. Celle qui nous lie, à notre manière, au flux du temps, à la fois unique et multiple parce qu'en moi et en bon nombre d'entre – nous. Par cela, nous sommes nos propres temples, nous sommes nos propres églises, nous sommes nos propres autels. Et nous labourons le terreau de notre spiritualité particulière chaque fois qu’il le faut, de la plus humble des manières. A mes yeux, ces forces vitales qui participent à animer nos émotions, nos pensées et nos actes ne peuvent faire l'objet d'aucune transaction. Que quiconque vienne me prétendre le contraire ! Nos ancêtres n’étant plus gaulois, depuis un certain temps, ils deviendraient donc, par un coup de baguette magique, Français et chantres de la Nation Française. Celle – ci serait – elle donc la seule nation dépositaire des idées de Liberté, d’Egalité et de Fraternité qu’elle a tant de mal à mettre en application ? Issus d’une bataille perdue : celle de l’existence pour soi et par soi, il n’en demeure pas moins que, peut – être seuls, nous Guadeloupéens et Caribéens, nous existons. Et nous revendiquons le respect naturel dû à toute humanité : le respect de nos ancêtres ! Auteur : Luc GAMA, Graphiste Guadeloupéen, Mars 2007. *Il me semble important d’indiquer que depuis l’abolition de 1794, Solitude et nombres de ses compatriotes étaient libres et donc plus que des nègres marrons. Et que le combat livré par le peuple Guadeloupéen pour son existence à entraîné le combat puis l’indépendance du peuple d’Haïti.
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